lundi 11 juillet 2011

Au nom de la mère...

Il n'y a pas si longtemps, au sein d'une famille, tous les membres partageaient un même nom, que l'on appelait fort à propos "nom de famille". Aujourd'hui, ce n'est plus si simple. Les familles recomposées, les couples qui ne se marient pas, les raisons ne manquent pas à la déperdition d'un même nom porté par tous les membres de la famille.
Cela ne semblait pas suffisant, si bien qu'en 2005, au nom d'une notion d'égalité bien mal comprise, il a été permis aux parents de donner à leur enfant soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit les deux noms accolés dans un sens ou dans l'autre. Mais le législateur n'est pas allé jusqu'au bout de la logique car le mari ne peut pas prendre le nom de sa femme. Ainsi, si les parents choisissent de donner le nom de la mère (pour protéger une nom de famille rare par exemple), alors tous les membres de la famille porteront ce nom... sauf le père. Ainsi, au nom de l'égalité, le père se retrouve discriminé. En effet, si celui-ci souhaite porter le même nom que ses enfants, ce ne peut être que son nom. La mère, quant à elle, peut partager avec ses enfants aussi bien son nom d'usage que son nom de jeune fille.

Je me souviens, avant la naissance de notre aînée, que l'infirmière avait expliqué à mon épouse qu'elle pouvait choisir de lui donner son nom. Elle ne s'était adressé qu'à mon épouse, malgré ma présence. Il faut dire que l'on ne s'était guère soucié de moi, que souvent je me demandais si le personnel se rendait compte que j'étais là. Mais ce jour là, c'était encore plus flagrant. Que l'on considère que je ne sois pas un interlocuteur privilégié pour parler de prise de poids, soit, mais sur le choix du nom de famille... Il semblait qu'impliquer un tant soit peu le père dans cette décision relevait d'une logique d'un autre âge. Alors, logique égalitaire ?

Je me rappelle aussi de la réaction de certains de mes collègues, qui me demandaient le nom de famille que nous avions donné à notre fille. J'ai été surpris d'entendre des critiques (sur le ton de l'humour et amicales, mais tout de même, cela m'a semblé symptomatique) laissant entendre - vous m'excuserez de simplifier -, que ce choix n'était guère moderne, que tout de même, à notre époque, nous n'étions pas obligé de reproduire ce schéma. J'avoue que passer pour un moderne n'a jamais été ma priorité, mais cela m'avait laissé une étrange impression. Je ne comprenais pas cette réaction, si bien que je n'ai pas su quoi répondre. Je me rends compte aujourd'hui que nous ne parlions pas de la même chose. Ils croyaient que je donnais mon nom à notre fille alors que nous donnions notre nom à notre fille. Ce qui n'est pas du tout pareil.

Le sens de ce nom partagé a été perdu et je crois que c'est dommage. Ce n'est pas grave. Evidemment il y a des sujets plus graves, plus lourds de conséquences, mais c'est dommage car ce n'est pas si mal, au fond, que l'unité de la famille aient ses petits signes, ses petits symboles.
Parfois, il est possible de se demander s'il ne faudrait pas céder à quelques caprices de notre époque, laisser tomber quelques symboles sans grande importance (une famille peut être unie sans porter un même nom de famille et inversement une famille peut être désunie en portant un même nom de famille) pour mieux s'intégrer, pour surprendre, pour ne pas être toujours catalogués en "réacs de service". Mais nous n'avons pas fait ce choix. Nous ne sommes guère à la mode, mais nous savons que cette mode passera et - qui sait ? - un jour, nous serons peut être du côté des modernes.

1 commentaire:

  1. Comme disait Dante : "Ne te préoccupe pas d'eux, regarde et continue ta route."
    L'important est votre famille et son bonheur. Et le nom de famille "à l'ancienne" en est le billet de visite.
    Et puis quelle confusion dans les futurs arbres généalogiques avec ces nouvelles fantaisies!!!

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